Parque nacional Torres del Paine

Publié le 15 Avril 2013

Ici, la nature est reine. C’est un coin de paradis hostile où chaque détour de sentiers offre un spectacle à couper le souffle. Au bout de chemins forestiers surgissent des pics enneigés qui percent les nuages, alors que des étendues bleues turquoise donnent en contrebas un contraste de couleur. Et puis il y a quelques-uns des diamants blancs de la Patagonie : les glaciers. Suspendus aux flancs des montagnes ou s’étalant à perte de vue vers l’horizon, ils ont la faculté de me rappeler à chaque fois le ridicule de mon existence. Le temps est susceptible de changer à chaque instant : ridicule en poncho sous la pluie le matin, profitant du soleil en débardeur l’après-midi et écrasée sous la tente par des rafales de vents qui m’empêchent de dormir pendant la nuit. Autour de moi, il y a des arbres centenaires et des glaciers milliardaires. Moi j’ai 20 ans. Je suis toute petite et je veux le rester.

Carte du parc avec le tracé du "W" en rouge

Carte du parc avec le tracé du "W" en rouge

Étapes :

  • Mercredi 06 Février : départ aux alentours de 18h pour 2h d’ascension jusqu’au « Campamento Chileno ».
  • Jeudi 07 Février : ascension jusqu’à la « base de las Torres » dans la matinée (aller : 1h30 – 5,5km). Les tours culminent à 2850, 2800 et 2243 mètres d’altitude. Dans l’après-midi, redescente jusqu’au « Campamento Los Cuernos » (environ 11km).
  • Vendredi 08 Février : ascension du « glaciar Frances » le matin, et arrivée au « Campamento Paine Grande » le soir (8km).
  • Samedi 09 Février : aller-retour jusqu’au « glaciar Grey » (11km) et retour à la voiture en prenant le bateau sur le Lago Pehoé.

Budget :

  • 18 000  pesos par personne pour l’entrée du parc (29 euros). Si vous êtes chiliens ça vaut le coup, cela ne vous reviendra qu'à 5 000 pesos (8 euros). Dommage pour nous.
  • Entre 6000 et 8000 pesos par personne pour l’emplacement de la tente (9-13 euros). Non seulement c’est cher pour avoir le droit à un petit bout d’herbes, mais en plus les campings gratuits sont en travaux, comme par hasard.
  • Investissement dans du bon matériel de camping : une tente dont les arcs ne se cassent pas sous la violence du vent, un réchaud et des sacs de couchage résistants aux températures négatives. Ah et puis, les petites ballerines ou baskets, ce n’est pas exactement la solution idéale (mais bon, on a déjà vu des gens en tongs dans les Pyrénées, on ne s’étonne plus de rien).

 

Quelques passages de mon carnet de notes :

 

« Nous arrivons enfin au camping los Cuernos et apercevons un simple terrain en pente au milieu des fougères. On comprend bien vite que les campeurs aux petits budgets n’intéressent personne ici, contrairement aux touristes qui n’hésitent pas à dépenser des dizaines d’euros pour dormir dans des chalets ou dans un hôtel. Guillaume trouve finalement un terrain parfait à côté des chalets, où il est normalement interdit de s’installer. Et alors c’est drôle mais on s’en fout complètement. On s’installe. La plupart nous ignorent et certains nous jettent des regards nous signifiant clairement que nous ne sommes pas à notre place. Pour le coup, on utilisera leurs sanitaires demain. »

 

« Réveil sous la pluie en ce Vendredi matin. Malgré les ponchos, nous sommes rapidement mouillés des pieds à la tête. Au fur et à mesure de la montée jusqu’au Glaciar Frances, le temps s’améliore mais il nous semble entendre des orages tout près. En fait, nous comprenons bien vite qu'il s'agit du bruit que font les morceaux de glaciers qui se détachent. Le glacier est en deux parties, littéralement suspendues aux flancs et aux crêtes des montagnes. Régulièrement, des pans se détachent dans un bruit assourdissant et impressionnant. Nous restons là, seuls au monde. »

Parque nacional Torres del Paine

« Nous sommes peu à emprunter ce chemin agréable, avec des rondins de bois pour éviter les marécages et des herbes dorées qui entourent le sentier. Malheureusement, ce paysage magnifique laisse place à des images malheureuses : les traces de l’incendie de 2011. Tous les arbres sont calcinés, il n’y a aucune trace de vie et même le lac en contrebas revêt une couleur grisâtre. Le tout n’inspire qu’un profond sentiment de tristesse. Plus nous enfonçons et plus les rafales de vents se font violentes, arrivant même à nous déstabiliser. J’ai l’impression d’être une marionnette. […] Nous allons manger dans l’hôtel à l’intérieur, en ignorant le cauchemar qui nous attend par la suite. Les rafales sont d’une grande violence et le site exposé n’arrange pas la situation. Je dors comme d'habitude avec Maman. Au début, seules les parois de la tente bougent, arrivant tout de même à nous toucher. Puis le souffle froid rentre à l’intérieur. Tout à coup, nous nous rendons compte que les parois de la tente ne se relèvent plus, il semble que les arcs soient cassés et nous sommes écrasées par la toile et la force du vent. Le bruit, le froid et les mouvements de la tente nous empêchent de dormir. Ironie du sort, Papa avait fait remarquer qu’il fallait du vent pour éviter la pluie et les nuages. Et bien pour le coup, il fait un soleil éclatant le lendemain ».

Sans trucages
Sans trucages

Sans trucages

«  Dernière nuit au camping. Cette fois, le vent a disparu, mais nous rencontrons vite de nouveaux compagnons : les moustiques. Nous sommes tellement contents de profiter de la petite soupe du soir que nous n’allons à la douche qu’assez tard. Manque de chance, il n’y a pas de lumière. Nous  profitons tout de même de la lampe de deux jeunes chiliennes. En même temps, comme le dit mon frère : il y a  deux choses indispensables quand on fait ce genre d’excursions, le couteau et la lampe frontale [phrase devenue culte depuis]. Et je rajouterai qu’il faut aussi une bonne dose d’amour pour la nature et l’aventure».

LA photo (je prends des risques car ils ont le même genre de dossier avec moi dessus)

LA photo (je prends des risques car ils ont le même genre de dossier avec moi dessus)

Rédigé par Adeline

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B
superbe cet article et cette vidéo ma puce! J'ai eu envie de pleurer tellement c'était beau!
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