Patagonie Argentine

Publié le 15 Avril 2013

La frontière entre le Chili et l’Argentine semble être un lieu oublié par chacun des deux pays. Durant des heures, le chemin n’est constitué que de cailloux, de terres et d’étendues désertiques. Le tout me fait d’ailleurs penser à la Bolivie, il ne manque que les lamas, les enfants qui marchent pour aller à l’école et les communautés oubliées.

 

L’arrivée à « El Calafate » est particulière. Il s’agit d’une ville 100% artificielle puisqu’elle ne sert qu’à accueillir les milliers de touristes qui y transitent chaque année afin de visiter le fameux « Glaciar Perito Moreno ». Le tout se résume à des hôtels, des restaurants et des boutiques souvenirs. Retour à la civilisation. Le bruit du silence : je crois que c’est ce qui nous manquait le plus à ce moment-là.

Notre logement: les "cabañitas", un petit coin de paradis

Notre logement: les "cabañitas", un petit coin de paradis

Lundi 11 Février : visite du Perito Moreno

On nous en avait beaucoup parlé. Nous l’avions imaginé. Et pourtant, nous étions bien loin de la réalité. Ce glacier est exceptionnel car il est avance de 2 mètres chaque jour. Triste remarque, il constitue une anomalie car tous les autres glaciers de Patagonie reculent de 2 mètres par an. Il est là, devant nos yeux, imposant et démesuré. Il gronde et craque de façon quasiment continue, témoignant de sa lente avancée quotidienne. De temps en temps, des pans du glacier se détachent pour venir se déverser avec fracas dans le lac presque gelé qu’il a contribué à former. On ne se lasse pas de le regarder, surtout quand le soleil se lève pour lui donner une teinte presque transparente. On ne peut s’empêcher de rester muet devant le bruit qu’il est capable de produire. On reste des dizaines de minutes à parier sur le prochain bloc qui va s’effondrer. Il faut calculer avec précision le moment où on décide de retourner dans la forêt car il y a de fortes chances pour qu’un bloc se détache pile à ce moment-là. Dommage.  

Patagonie Argentine
Patagonie Argentine
Patagonie Argentine

Ce n'est pas une de mes vidéos, mais ça donne une idée de ce que l'on peut y voir

L’après-midi, nous faisons un petit tour de bateau pour l’apercevoir de plus près. Comme d’habitude, c’est la course pour être au plus près et prendre la meilleure photo. Qu’importe, nous finiront derniers pour cette fois.  

Patagonie Argentine
Patagonie Argentine

Bref, ce lieu est incontournable et magique. Il manque juste un petit élément pour l’apprécier d’avantage. Un tout petit rien qui fait tout : le goût de l’effort pour l’atteindre.

 

Mardi 12 Février : El Chalten

Nous retrouvons enfin une opportunité d’aventure et retrouvons presque avec plaisir nos tentes définitivement marquées par les vents violents de Torres del Paine. Le temps n’est pas au beau fixe, mais nous partons à la découverte de la magnifique cascade « El Chorrillo del Salto », accessible en seulement 10 minutes. Mon frère fait un petit détour pour aller courir, trois fois rien, juste 23 kilomètres. Le soir, nous nous réfugions à l’intérieur pour boire un chocolat chaud et discutons avec une française venue vivre là pendant 4 mois avec son copain. Elle nous raconte que le temps va désormais se détériorer, l’hiver se prépare, la neige va arriver, les touristes vont partir. Et le lieu prend alors des airs très inhospitaliers.

Patagonie Argentine
Patagonie Argentine

Mercredi 13 Février : Ascension du Fitz Roy, le fameux

Le nom du pic tire son origine des deux alpinistes qui sont arrivés jusqu’en haut en premiers, dont un français. La première partie est assez facile, entre végétation et cours d’eau agréables. Au premier point de vue, nous apercevons déjà le majestueux sommet qui perce les nuages. Le lac, que nous imaginons dans le creux, semble même facile à atteindre. Au fur et à mesure que l’on monte, nous voyons apparaître des dizaines de touristes affrontant des serpentins infinis. Parfois j’ai l’impression que j’arrive à suivre mon frère. Mais ça, c’est jusqu’au moment où il me dit « je prends un peu d’avance ». Là c’est fini. Pauvre petite innocente que je suis. Finalement, nous arrivons enfin sur un très beau lac bleu azur, entouré de pierres et de rochers. Le lieu prend toute sa dimension et sa beauté grâce au « Fitz Roy » qui se dresse juste au-dessus.

Patagonie Argentine
Patagonie Argentine
Patagonie Argentine

Un peu plus loin, en contrebas, se cache un autre lac vert émeraude. Le contraste entre le bleu, le vert et le blanc des glaciers est saisissant.

Patagonie Argentine

Rapidement, les nuages assombrissent le paysage et le froid nous saisit. Pour me réchauffer, et aussi parce que j’ai envie de m’amuser, je décide d’accélérer dans la descente. Progressivement, je comprends que le terrain est idéal pour courir. Et là, je m’éclate. Je cours, je glisse sur les pierres, je double tout le monde, j’ai l’impression de voler. J’adore le moment. Je rejoins mon frère qui est déjà en bas (moi je suis désespérée par sa vitesse). Petite anecdote : il y a des toilettes écologiques en bas, je m’y dirige en me disant que l’idée est vraiment bonne. Sauf que je découvre un trou de 4 mètres sécurisé par 3 malheureuses planches. Me connaissant, je vais y finir dedans. Je choisis l’option nature.

Le soir, le temps nous offre un petit instant de répit. Nous en profitons donc pour manger dehors, avec un petit vin et du maté de coca. « Clic Clac. Moment suspendu. Bonheur ».

Rédigé par Adeline

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L
Il m'a semblé que j'étais de retour en Argentine!!! génial!!!
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