Rio de Janeiro

Publié le 14 Janvier 2013

Dans mon esprit ce Dimanche 23 Décembre je n’allais pas au Brésil, je quittais la Bolivie. Je savais qu’une page se tournait, celle de Mano a Mano Bolivia, de ma vie au quotidien ici, mais surtout de mon aventure avec Camille. Lorsque les portes de l’aéroport se sont refermées derrière elle, je me suis sentie terriblement seule et fatiguée. C’est une chose de vivre des instants inoubliables, mais c’est une toute autre chose de les partager avec quelqu’un. Tout à coup, mes galères me semblaient insurmontables, mes petits bonheurs avaient un goût amer, et le silence autour de moi me paraissait lourd, beaucoup trop lourd pour moi. Je n’avais qu’une envie, celle de rentrer en France et de me reposer. Pas de chance, il se trouve que je n’avais plus ni carte de crédit ni argent, que je ne savais pas encore où j’allais dormir à Rio de Janeiro et que je partais une nouvelle fois vers l’inconnu. Les adieux, les galères et les changements cumulés m’ont fait vaciller. Là, devant cet aéroport, je me demandais juste si j’aurai la force de continuer. Après tout, une petite réservation et un trou dans mon compte épargne plus tard et je pouvais moi aussi être dans un avion pour retrouver mon pays dès le lendemain. Pour la première fois depuis mon arrivée en Bolivie j’ai eu un coup de blues, un vrai.  Les passants ont défilé, l’heure a tourné et j’ai retrouvé un peu de chaleur humaine auprès de mes proches, assez pour me dire que je n’étais pas vraiment seule dans cette aventure. Mes parents m’ont redonné la motivation dont j’avais besoin, ma famille bolivienne m’a spontanément proposée de me prêter de l’argent, et mes amis m’ont rappelé que ce voyage à Rio de Janeiro constituait une partie de mon rêve Sud-Américain. En plus, j’avais promis à Camille de continuer à profiter pour elle. Alors pour eux, pour moi et pour ne rien regretter, je me suis mit un coup de pied au cul et je me suis envolée pour le Brésil.

 

Lorsque j’ai débarquée à l’aéroport de Sao Paulo au Brésil, j’ai eu la sensation d’atterrir dans un tout autre monde. Je cherchais les sourires bienveillants des chollitas, les bouilles innocentes et heureuses des enfants des communautés, et la simplicité. Pourtant, assise dans un coin de l’aéroport, je n’ai réussi qu’à disparaître derrière les publicités Mac Donald et les valises immenses que des familles aux allures de perfection cherchaient à amener. Les premiers jours furent difficiles parce que je crois que j’avais le mal du pays ; le mal de la France où j’aurai aimé être pour ces instants festifs et le mal de la Bolivie, qui me faisait me sentir vivante depuis quatre mois.

Heureusement, j’ai eu la chance de débarquer dans un groupe de français qui m’a vite redonné le sourire, au fil des jours et des fêtes brésiliennes. C’est sans doutes grâce à eux (et à mon amie Juliette en particulier) que j’ai réussi à connaître un peu mieux le Brésil. Le programme était simple : visites, soirées, journées plages et grasses matinées. Bref, j’étais en vacances.

Rio de Janeiro

Rio de Janeiro est une ville particulière du Brésil et j’avais l’impression d’assister à la construction d’une bulle de richesse et de puissance. J’ai vu des plages remplies de touristes venant des quatre coins du monde, un coût de la vie exorbitant, des hôtels complets, des magasins bondés, des immeubles en construction, des centres d’affaires, et une ville tournée vers le futur. MJC 2013, Coupe du Monde 2014, Jeux Olympiques 2016 : bienvenue au cœur d’une ville qui doit faire rêver. En même temps, la bulle est suffisamment fragile et transparente pour laisser percevoir tous les contrastes et faiblesses de la « Cidade Maravilhosa ». Les favelas côtoient de magnifiques villas résidentielles, des SDF dorment sous les panneaux publicitaires qui promettent un réveillon inoubliable et des enfants mendient dans les soirées étudiantes. Mais ne vous inquiétez pas, la police est à votre service, se baladant en short et en tong le long de la plage, contrôlant les favelas les plus proches des riches quartiers et intervenant en moins de cinq minutes dans le cas où un jeune garçon drogué se met en tête de casser toutes les voitures qu’il croise. Tout va bien, vous pouvez continuer à vous prélasser sur la magnifique plage de Copacabana en sirotant une Caipirinha. En somme, j’avais l’impression de participer à une comédie bien orchestrée où chacun tente de trouver une place, même toute petite, même invisible. D’ailleurs, si je n’étais restée que quelques jours dans cette ville, je serai restée sur cette image désastreuse et j’aurai détesté Rio de Janeiro.

 

Pourtant, j’ai appris à voir les choses autrement, à saisir d’autres instants et à rencontrer des gens qui ont partagé avec moi leur amour pour Rio. En réalité, cette ville bouillonne de jour comme de nuit, elle est vivante et lumineuse. Nous sommes sortis à peu près tous les soirs, pour aller prendre un verre ou pour aller danser en boîte. Ma meilleure soirée se déroula à Lapa, un quartier triste le jour et festif de nuit. Il y avait des petites baraques partout proposant des boissons alcoolisées et autour desquelles gravitaient des groupes de musique : de la Samba, du funk, de la techno, de tout. Tout le monde dansait sans aucun complexe parce que les gens dansaient avant tout pour eux et pas pour plaire aux autres. Les déhanchés étaient sexys, et  non vulgaires. Les sourires répondaient spontanément à la musique entraînante et même ceux qui n’aimaient pas danser prenaient part à la fête. Bref, l’ambiance est géniale, les gens s’amusaient et c’était contagieux.

Je peux difficilement parler de soirée sans dire « j’ai passé le réveillon 2013 sur la plage de Copacabana ». Après un bon repas typiquement français, nous avons été dans un appartement juste en face de l’Océan, à côté du Copacabana Palace. Merci Juliette. Et de façon tout à fait naturelle, j’ai regardé le plus beau feu d’artifice de toute ma vie avec une coupe de champagne à la main, en mesurant la chance que j’avais d’être ici à ce moment là. Le spectacle me faisait penser à un final, sauf qu’il a duré 16 minutes sans interruptions. En bas, deux millions de personnes toutes de blanc vêtues criaient et s’embrassaient dans la folie générale. Je vous passe la suite de la soirée et de la nuit, cela ressemble à un réveillon français, avec la plage et la chaleur brésilienne en supplément.

Pour le reste, Rio de Janeiro est une ville très belle et surprenante (mais ça tout le monde le sait déjà, raison pour laquelle j'ai essayé de parler d'autre chose dans ce récit), je vous laisse vérifier ça de vous-même avec les photos....

Mardi 25 Décembre - Concert de Stevie Wonder sur la plage de Copacabana

Mardi 25 Décembre - Concert de Stevie Wonder sur la plage de Copacabana

Mercredi 26 Décembre - Ballade en voiture sur les hauteurs de la ville

Mercredi 26 Décembre - Ballade en voiture sur les hauteurs de la ville

Jeudi 27 Décembre - Visite du centro avec Juliette

Jeudi 27 Décembre - Visite du centro avec Juliette

Vendredi 28 Décembre - Ascension du pao de acucar pour le coucher du soleil

Vendredi 28 Décembre - Ascension du pao de acucar pour le coucher du soleil

Dimanche 30 Décembre - Journée familiale dans les beaux quartiers de Rio

Dimanche 30 Décembre - Journée familiale dans les beaux quartiers de Rio

Lundi 31 Décembre et Mardi 01 Janvier: réveillon à Copacabana

Lundi 31 Décembre et Mardi 01 Janvier: réveillon à Copacabana

Journées X  - Plage de Copacabana

Journées X - Plage de Copacabana

Samedi 05 Janvier - Favela de Rocinha

Samedi 05 Janvier - Favela de Rocinha

Mardi 08 Janvier - Visite du Jardin Botanique

Mardi 08 Janvier - Visite du Jardin Botanique

Et puis ce Jeudi 10 Janvier, retour en arrière toute... Les vacances étaient terminées, je me suis assise exactement au même endroit qu’il y a deux semaines à l’aéroport de Santa Cruz et j’ai regardé les gens autour de moi : les bouilles des enfants, les cris des vendeurs de poulet et les bus tout pourris. Ca y est, j’étais bel et bien rentrée en Bolivie et les images qui défilaient sous mes yeux me remplissaient simplement de bonheur.

Rédigé par Adeline

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C
Je suis touchée par ce que tu écris, comme à chaque fois...sauf que là je n'étais pas avec toi et je le vis depuis la France... :D
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